JM Ayrault suspend l’application de l’écotaxe poids lourds dans toute la France

D’après Le Figaro

L’écotaxe n’entrera pas application au 1er janvier comme prévu mais à une date ultérieure, pour laisser place au dialogue sur cette mesure controversée, précise le premier ministre.

Jamais deux sans trois! Après deux reports consécutifs, le gouvernement a décidé de décaler une nouvelle fois la mise en application de l’écotaxe. Le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a en effet annoncé mardi la suspension de la mise en place de l’écotaxe pour laisser place au dialogue sur cette mesure fiscale controversée qui a provoqué une levée de boucliers, notamment en Bretagne.

«Le courage, ce n’est pas l’obstination, c’est d’écouter, de comprendre, de rechercher la solution», a-t-il dit lors d’une déclaration à Matignon. «C’est pourquoi j’ai décidé la suspension de la mise en œuvre de l’écotaxe pour nous donner le temps nécessaire à un dialogue au niveau national et régional.»

«Suspension n’est pas suppression», a ajouté le premier ministre. «Nous prendrons le temps nécessaire, elle doit être corrigée.» Le premier ministre vient en effet d’annoncer sa décision «de suspendre l’application de l’écotaxe», a annoncé dans un communiqué le député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas, à l’issue de la réunion à Matignon entre les élus bretons et le gouvernement.

Cette suspension, sans limite de durée, est nationale «afin d’éviter les distorsions entre les territoires et les entreprises», a de son côté précisé le député PS du Finistère Jean-Jacques Urvoas.

Jean-Marc Ayrault a fait cette annonce au terme d’une réunion avec les principaux acteurs du dossier – élus bretons, ministres et préfet de région – sur ce dispositif visant à taxer la circulation de poids lourds afin de financer les infrastructures ferroviaires et fluviales.

Les élus UMP de Bretagne, qui réclament l’abrogation de la taxe, ont boycotté la réunion. Cette écotaxe doit rapporter un milliard d’euros par an à l’État, mais une suppression pure et simple lui coûterait en revanche 800 millions d’euros, en raison du contrat qui le lie à l’entreprise Écomouv’, chargée de mettre en œuvre la mesure. Pour l’entreprise, un report ne représente «pas un drame. Il n’y a pas de remboursement à envisager», selon son vice-président.

L’application de cet impôt issu du Grenelle de l’environnement et mis en place en 2009 sous la présidence de Nicolas Sarkozy, initialement prévu en juillet 2013, avait été reportée au 1er octobre puis en janvier 2014. Ce sera finalement plus tard.

Comments are closed.